Il y a quelques mois, qu’une association des étudiants d’Université de Lyon II, Métisseurs de Mots, ont publié dans un groupe FB leur besoin des textes rédigés par les étrangers sur leurs expériences en France. Depuis, ils ont traduit toutes ces textes en Français et crée un recueil dans le forme d’un livre appelé “Déracinés”.
Hier soir, j’étais invitée pour assister dans la soirée de rencontre des contributeurs et des traducteurs. C’était une expérience unique elle-même car la vie expatriée est différente pour chacun mais les sentiments de solitude, de curiosité et surtout d’être illuminé sont toujours communes. La vie loin de nos origines est tellement enrichissante qu’il faut en parler beaucoup plus souvent que maintenant.
Ici, je partage l’extrait d’un poème écrit par une italienne, Magda Redaelli, et traduit en Français par Joséphine de Gabaï:
La nuit sans sommeil est le besoin pressant
de transmettre un message.
A qui? Et quelle langue parle mon confesseur?
Mais avant encore, que dire? Comment expliquer?
Comment expliquer l’étrangeté d’être une espèce introduite,
l’étrangeté dans l’occasionnel retour aux origines abandonnées?
Comment expliquer deux vies en une seule?
Une forme particulière de solitude s’insinue dans les os
et jamais plus le mot “maison” ne trouve de racines dans des fondations solides
et, dans les nuits blanches, resurgissent les doutes de l’âme inquiète.
Des souvenirs, des remords et la cicatrice d’une fracture géographique définissent notre propre existence.